MONTFORT BLUES FESTIVAL #10, c’est parti

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Affiche 2017

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Festival Blues d’Automne en Rabelaisie

Beaumont-en-Véron – Octobre 2017

Certaines dates de festival bousculent les traditions. Cette année, celle du BAR festival fût de celle-là. Habitué à me rendre au festival des deux rivières à Belle-Isle-en-Terre le deuxième week end d’Octobre, l’annonce de la troisième édition du festival Blues d’Automne en Rabelaisie à la même date changeait la donne. Coté pile, Tab ROBINSON en tête d’affiche des 2 Rivières. Je ne l’ai jamais vu, mais sa réputation n’est plus à faire. Coté face, un festival qui pour sa 3ème édition affiche déjà ses prétentions grâce à son programmateur Dominique BOUILLON, à qui je n’ai jamais rendu visite dans sa salle « le temps des crises » à Beaumont-en-Véron. Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir Guy Verlinde et Dave Arcari, mais on en dit également du bien.

Choix délicat ! Si l’année dernière le thème du BAR festival était les voix féminines, cette année, c’est un Best Of de la programmation de la salle du Temps des Crises. Faisant confiance à Dominique, le souhait de profiter de trois jours plein de musique et la certitude de voir de nombreux amis auront raison de mon choix. Départ prévu le 06 octobre en début d’après midi.

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A peine arrivé sur les lieux, on devine déjà l’attention particulière faite à l’accueil du festivalier. Une porte d’entrée du village des plus sympathiques et colorées. Les artisans et exposants sont déjà en place. Les bénévoles s’activent encore. On rencontre les premiers amis. Le temps de récupérer ses entrées, ses jetons, Ronan One man Band s’installe sur la petite scène extérieure.

DSC_6237Ce Breton monte en puissance à chaque apparition. Sa voix écorchée et rauque chante un Blues rugueux, le tout accentué par un jeu de guitare brut, laissant quand même parfois des moments de pures mélodies. Jouant aussi bien dans un bar que sur des scènes de notoriété internationale (il a joué au Blues Rules Crissier Festival en Suisse), Ronan maitrise parfaitement cet espace, et sait nous faire voyager au plus profond des régions historiques de cette musique.

On le retrouvera tout à l’heure, mais il faut se rendre à l’intérieur pour le premier concert de la soirée.

 

Le New Yorkais Chris Bergson, ouvrait le premier concert de la soirée dans la salle polyvalente. On notera que cette salle est parfaite pour ce genre de manifestation, de taille humaine, et avec un son parfait ce vendredi soir. Il n’en sera pas tout à fait de même le lendemain. Accompagné de Philippe Billoin (claviers), Philippe Dandrimont (basse) et Pat Machenaud (batterie), déjà avec Chris lors de son passage à Bain de Blues en 2015, mais vu également avec Rockin’ Johnny Burgin, ces gars là connaissent leur affaire. Discrétion sur scène mais efficacité totale.

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Son passage à Bain de Bretagne ne m’avait pas laisser un souvenir impérissable. Je l’avais trouvé trop démonstratif dans ses solos de guitares. Deux ans plus tard et avec son nouvel album « Bitter Midnight » , je le redécouvre avec plaisir. La voix chaude se marie bien à son répertoire soul blues, et ses incursions dans le jazz fusion, ouvre son univers vers d’autres horizons.

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Je n’avais pas encore eu l’occasion de voir Guy Verlinde en concert et avec tout le bien que l’on m’en avait dit, j’attendais sa prestation avec impatience.

DSC_6349Et ce soir il sera donc fidèle à sa réputation. Il nous donne un excellent concert tout en énergie, arpente la scène de droite à gauche, saute, nous invite à danser en même temps que lui, infatigable. Son jeu est plutôt rock , mais toujours teinté de blues. Le gars écume les scènes hexagonales mais pas que, et son show est bien rodé. Il a plusieurs album à son actif, les premiers étant sous le pseudo de Guy Lightnin’. Laissant parfois la guitare, il sait aussi prendre l’harmonica pour des purs Blues. Un final au son du « Bon temps roulé » permet d’apprécier la palette de référence musicale dans laquelle il évolue. Il invite le public à monter sur scène pour danser et se laisser aller.

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Le BAR Festival, ce n’est pas que de la musique, et tout est mis en œuvre pour que le festivalier présent sur les 3 jours, ne s’ennuie pas. La visite d’un vignoble dès 10H30 le samedi matin allait occuper une bonne partie de la journée. Merci donc à Mr Christian MILLERAND pour nous avoir fait découvrir ses vignes, son travail, ses caves et ses vins bio. La dégustation qui finalisait la visite a été des plus généreuses.

Le petit groupe de 15 personnes est partit ravi et avec quelques souvenirs à déguster avec modération. C’est aussi ça l’esprit du BAR Festival, un accueil chaleureux de la part des bénévoles mais aussi des acteurs de la région. Merci à tous.

La visite aura durée un peu plus longtemps que prévu, et ce n’est que vers 14H00 que l’on revient au village du festival. Les Honeymen avec Elmore et Jimmy sont en places depuis un bon petit moment et distillent leur Blues aux festivaliers attablés  sous les chapiteaux. Peut être la position la plus ingrate du week end, jouer pendant que le public se restaure reste un exercice délicat. Malgré tout, l’ambiance est excellente et le duo nous gratifie de swamp blues du Bayou au Blues de Chicago en passant par du country blues. Jimmy à la guitare, Elmore à l’harmonica, ils se connaissent par cœur et savent faire monter la sauce. C’est toujours un plaisir de les entendre.

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Ballades, discussions entre amis, voir sieste pour certains, l’après-midi passe tranquillement. 18H00, Philippe Ménard s’installe sur la petite scène et c’est repartit pour une seconde soirée.

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On ne présente plus cet artiste sympathique, qui incarne à lui tout seul, ce qu’est un One Man Band et ce, depuis plus de vingt ans. La formule est rodée et fait mouche à chaque fois. Un nouvel album « Walking on the Front Line »  sorti en début d’année, démontre encore son plaisir de jouer et de composer. Un couple Breton présent sur le festival un peu par hasard, le découvre pour la première fois et tombe de suite sous le charme. Il sera leur coup de coeur du week end. Le dernier morceau sera interprété à l’aide de deux tournevis frappant la corde de son diddley bo home self made. La grande classe.

Pour la grande soirée du samedi, pas moins de trois groupes au programme. Comme l’avait annoncé Dominique Bouillon, les artistes de cette 3éme édition, sont un best of de la programmation de la salle Le Temps des Crises. Par Best Of, il entend des artistes qui ont su faire vibrer le public par leur musique mais qui ont aussi un capital sympathie, bref ce qui fait qu’un vrai courant passe entre l’artiste et l’équipe de bénévole et du programmateur.

Voilà un peu pourquoi, le premier groupe à passer sur scène n’a pas grand chose à voir avec un registre Blues. Il s’agit d’Isaya, composé de Caroline et Jessica, sœurs jumelles d’Aix en Provence.

Au premier contact on est séduit par les voix, claires, expressives, elles portent le public vers une folk pure. Puis viennent les frappes sèches sur les Tom Basses en rythmes façon tribal. Mais là le son n’est plus aussi souple que la veille, et il vient même un peu à casser les oreilles. Les sons électro du claviers s’ajoutent et l’ensemble perd un peu de sa cohérence et le public avec. C’est dommage, car le dernier morceau en électro acoustique pure avec une guitare sèche montre le réel potentiel de ses belles chanteuses. Leur disque « Go With Yourself » met bien leurs voix en évidence et est très agréable à écouter.

Soirée aux multiples facettes, c’est le blues rock de Bo Weavil dans une formation en sextet, ce qui est rare, qui prend le relais. Accompagné de Forian Royo à la guitare, Igor Pichon à la basse , Nicolas Mary aux claviers, Yvan « Don » Tamayo aux percussions et Gilles Delagrange à la batterie, ils vont interpréter principalement les titres de leur dernier album « A Son Of Pride » qui fût très bien accueilli par la presse spécialisée. Rock, Funk, Blues, ça envoi du lourd, pas de temps mort avec Matthieu Fromont.

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Tête d’affiche et dernier concert de la soirée, Larry Garner, accompagné par ses fidèles musiciens anglais lors de ses tournées européennes, dont le guitariste  Norman Beaker, représentant du british blues par excellence. Larry aime raconter des histoires et ne s’en prive pas, toujours avec une note d’humour. Il nous prouve qu’il est tout aussi bien capable de chanter du RAP et, effet Larry Garner, c’est bon. Avec son style cool, voir non chaland, un jeu de guitare aéré et sa voix chaude, il nous transporte du côté de la Louisiane tout au long du concert.

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Dimanche, dernière journée, le temps s’assombrit un peu mais cela ne va pas empêcher 180 personnes environ à déguster le Gumbo préparer par les bénévoles sous l’oeil avisé de Larry Garner himself. Et en accompagnement musical, Dave Arcari, avec un folk celtique qui peut se durcir parfois pour devenir rugueux flirtant avec du Hill Country Blues.

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Dernier concert programmé à 15H30, un horaire plutôt inhabituel, mais la pluie s’étant invité, on apprécie de se mettre à l’abri. Et pour quel concert ! Sugaray Rayford, avec des nouveaux musiciens dont un saxophoniste, mais toujours avec son guitariste Gino Matteo. Un concert de Sugaray, c’est une grosse claque à chaque fois. Quel showman ! Et ça passe par tous les styles et émotions. Humour avec un début country, performer tout au long du concert, déroutant avec un extrait  de « Comfortably Numb » de  Pink Floyd. On est loin du blues, mais des monuments de ce type-là s’apprécie toujours. Et Sugaray de souligner que ses musiciens ne sont pas des machines programmées mais belle et bien de véritables artistes.

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Puis viendra un duo avec Larry Garner, suivit d’une séquence émotion grande comme le bonhomme, avec son hommage à la dernière tuerie américaine, et de vouloir croire encore au genre humain. Certain que des larmes ont été versé à ce moment là.

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Le public lui est totalement acquis et le réclame encore en rappel. Ce qu’il fera, avec « Take Me Back » titre de son dernier album « The World That We Live In » aux sonorités soul. Puis ensuite une longue séance de dédicace, où il prend le temps de discuter avec chacun. Infatigable, malgré une longue nuit de transit entre le Danemark et Beaumont-en-Véron.

Ainsi s’achève cette troisième édition du BAR et ma première pour moi. Il devient évident qu’avec une telle programmation, des conditions d’accueil aussi excellentes et une équipe de bénévoles chaleureuses, ce festival va devenir rapidement un incontournable à ne pas manquer. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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Félicitation à l’artiste qui a réalisé cette toile géante pendant le festival.

Merci à toute l’équipe du BAR et à son programmateur Dominique BOUILLON.

FIN DES JAM SESSIONS

Après un peu plus de 17 ans de bons et loyaux services, l’équipe de Roazhon Blues a décidé d’arrêter (provisoirement ou définitivement) la jam session blues mensuelle. On espère vous revoir bientôt car notre association existe toujours et nous aurons bientôt quelques concerts à vous proposer.
La Roazhon Blues Team

BLUES EN CHENIN

SAINT-LAMBERT DU LATTAY – 26/08/2017

Après deux années d’absence, je revenais avec un grand plaisir à St Lambert du Lattay pour une 14ème édition du Festival Blues en Chenin. Le Chenin est un cépage originaire des bords de Loire.  St-Lambert étant au cœur de cette belle région, le nom du festival était tout trouvé.

Blues en Chenin se déroule aux portes du village, dans un cadre verdoyant, où une belle scène (elle a grandi depuis 2014) domine l’ensemble du parc. Un des nombreux avantages de cette implantation est que, quel que soit l’endroit où l’on se trouve, à la buvette, au stand restauration, à faire le digger dans les bacs à CD de BCR ou de Stéphane, ou à commander un Tee-Shirt, acheter des cartes boissons, on est toujours proche de la scène et le son est bon partout, ce qui permet de profiter à tout instant des groupes sur scène.

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Ouverture du site vers 18H, le public arrive doucement, on commence à retrouver les potes. L’ambiance est décontractée, aidée aussi par une température extérieure des plus agréables (au moins 25°C) en ce début de soirée.

19H, c’est à Mister Joss d’ouvrir les festivités. Groupe local, c’est Guillaume Robin, grand activiste Blues de la région de Cholet qui est sur le devant de la scène pour le chant et l’harmonica. Si les musiciens parlent de leur héritage blues, ils assument aussi être imprégnés de la soul, de la funk et du rock. Mais ce soir le Blues est à l’honneur, Guillaume intervenant à plusieurs moments à l’harmonica, instrument de prédilection de ce genre de musique s’il en est. Le public est conquis et un rappel sera réclamé et obtenu.

Coté spectateurs ça arrive encore, on discute ça et là, le changement de plateau laissant une belle place à la discussion sans avoir à courir sur une interscène. Je vous le dis, c’est cool à St Lambert du Lattay. D’autant plus qu’ils servent un petit coteaux du Layon fortement apprécié par les connaisseurs.

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Le temps aussi d’écouter Dominique Bouillon, transformé en homme sandwich pour l’occasion, présenter la programmation du festival BAR  qui aura lieu du 06 au 08 Octobre à Beaumont-en-Véron.

Se met en place Steve « Big Man » Clayton, qui était pour moi l’inconnu de la soirée et sur lequel je ne m’étais même pas renseigné tant je venais à Blues en Chenin avec toute la confiance qu’il mérite. Par contre quand j’ai vu sur scène Fred Jouglas, Pascal Delmas et Pascal Fouquet, je me suis dit que là, on tenait surement quelque chose de bon. Et ce fût le cas. Steve est un excellent chanteur, mais aussi un grand joueur de piano, et ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme le Big Man of Boogie Woogie.

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Rarement vu un boogie aussi entrainant. Faut dire que les protagonistes sur scène ont du métier, et que si la célèbre rythmique a joué avec quasi tout le monde, Pascal Fouquet apporte un véritable son Blues à cet ensemble. Première grosse surprise de la soirée.  Une partie du public est déjà debout et a commencé à danser. Et ce n’est pas fini.

Changement de plateau, et où l’on attendait les Cotton Belly’s en troisième, on voit Loretta se préparer. Allons droit au but, ce fût un concert fabuleux. Je les ai vu plusieurs fois mais ce soir, c’est terrible. Loretta chante à nous filer des frissons (et pourtant il fait encore chaud) et joue de l’harmonica plus qu’à l’accoutumé.

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Anthony Stelmaszack est déchainé, il occupe le devant de la scène à plusieurs reprise. On a le droit à une véritable démonstration de guitare. Jamais vu Anthony comme ça. Il est en surchauffe et Loretta mime un refroidissement de son guitariste.

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Mais le public en redemande encore et encore. Et c’est bien lui qui fait la différence, ce public est d’enfer, il est debout, il danse, il hurle, il chante, alors évidemment le groupe envoie encore plus fort et c’est à celui qui pliera le premier. Et ce soir, les musiciens ont eu fort à faire. La rythmique n’était pas en reste, car si Mig Toquereau reste toujours aussi décontracté, Andy Martin frappait plutôt fort sur ses futs. Un très grand concert de Loretta & the bad Kings. Le meilleur de la soirée.

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Après une telle prestation, beaucoup pensaient que les Cotton Belly’s auraient du mal à relever le défi. Pourtant ils sont connus pour mener leurs concerts tambour battant également. Leur registre est différent, avec des tendances country blues et leur début de concert est dans cet esprit, ce qui fait évidemment baisser un peu la tension. Mais bien vite ils vont augmenter la cadence et l’on assistera à du grand Cotton Belly’s.

Contrairement à d’autres festivals, le public est resté jusqu’à la fin et donc en demande toujours plus. Alors Yann Malek va multiplier les parties d’harmo tout en dansant. Jérome Perraut se lâche aussi à la guitare, ce qui nous permet d’apprécier un très bon jeu fluide et précis. Je retiendrai une très belle version de «Superstition».

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Pour le rappel, le public fait la farandole. C’était peut-être bien lui la tête d’affiche de la soirée finalement. Il a su partager son enthousiasme d’être présent. Entendu d’une personne qui participe à plusieurs festivals et dont c’était la première fois qu’elle venait à St-Lambert : « c’est le meilleur festival de l’année, je reviens l’année prochaine ».

Voilà, je voulais revenir à Blues en Chenin et je n’ai pas été déçu, bien au contraire. Avec une programmation quasi exclusivement Française (exception de Steve Clayton, anglais de souche), Blues en Chenin a démontré que nous avons d’excellents groupes et que la relève est assurée, pour ceux qui en doutaient encore. L’année prochaine, le dernier week-end d’août est déjà sur les tablettes.