Archives mensuelles : avril 2017

BAIN DE BLUES

Pour la 11ème édition, Bain de Blues avait ouvert les portes du Blues en grand.

Première soirée le vendredi soir, c’est le groupe d’interscène Blue Butter Pot qui a la lourde charge d’entamer ce festival.

Remy Bonnet chant/guitare et Olivier Le Normand batteur, forment ce duo folk blues, tendance Western. Si le premier set est plutôt acoustique, chaque nouvelle apparition entre deux plateux, fera monter le son pour finir dans un set bien rock très électrifié.

Vainqueur du prix Bain de Blues lors des derniers RDV de l’Edre, Fred Cruveiller et son blues band ont su élaborer un concert avec du blues, un peu de soul et de rock. Fred est aussi bon à l’électrique qu’à la dobro en slide. Remarquablement soutenu par une section rythmique, il y a une véritable cohérence dans ce power trio.

Talmud Beach, groupe Finlandais était surement le groupe le moins Blues du Festival, pour ne pas dire, pas du tout Blues. Découvert lors des dernières Transmusicales, Patrick Lecacheur, grand amateur de musique en tout genre, n’a pas hésité à les programmer dans son festival . Une ouverture vers d’autres horizons, Le grand Nord mélangé à ceux de la West coast.  Entre des sonorité sixties, fleurtanr parfois avec l’ américana, difficile de les classer. Est-ce nécessaire d’ailleurs ? Avec leurs look improblables, ils assurent dans leur registre. Chacun des trois membres prend le lead au chant, mais c’est bien la voix haute perchée du batteur, qui fascine le plus. On est entre du Canned Heat et les Jayhawks.

Patrick nous avait prévenus, Rumble 2 Jungle, ça déménage. Il n’avait pas tort. Une première partie de concert dans un style funky, mais déjà bien enlevé, la seconde moitié du concert était carrément Rock. La chanteuse Kissia San, avec son look afro, n’était pas sans rappeler Lisa Kekaula des Bellrays. C’est déjà bien rodé, ça chante fort bien (dans les deux sens du terme), bref ça assure.

Si Rumble 2 Jungle déménage, que dire de Manu Lanvin pour ce dernier concert de la soirée. Véritable tornade électrique, il a tout emporté sur son passage. S’il fallait décerner un prix du meilleur performer, Manu le remporterait haut la main. Il se donne à fond et une partie du public n’est venu que pour lui. La mayonnaise prend forcément.


De plus, il peut compter sur la frappe puissante et juste de Jimmi  Montout à la batterie, pour donner le rythme. Un concert très rock avec un gros son, ces dames en on eu pour leurs yeux et oreilles, et tant pis si l’on ne retiendra pas sa version de « Red House », vulgarisée au maximum, tout le contraire de ce pouvait faire un Jimi Hendrix.

Samedi, ouverture de la deuxième soirée par The Barnguys, quintet de la région de Caen. Emmené par le chanteur claviériste Alexandre Lesueur, avec une voix soul à souhait, le groupe joue un blues teinté de soul et de rock. Très bonne entrée en matière pour cette soirée.

La suite n’allait pas nous décevoir non plus. The Pathfinders ont un répertoire impressionnant. Leurs concerts ne sont jamais identiques, mais toujours excellent. Malgré un son un peu mat, voir étouffé, nous avons pu apprécier le jeu de guitare de Max Genouel, avec ses interventions qui font mouche à chaque fois. Mention spéciale à Lil’ Lou, qui sera la seule chanteuse du week end à diffuser autant d’émotions dans son chant. Frissons garantis.

Attendu après la sortie de son album « Del Otun & El Mississippi », Carlos Elliot Jr était en France pour seulement quelques dates, dont celle de Bain de Blues.

Colombien d’origine, c’est avec un Blues très inspiré du Nord du Mississippi et des chants amérindiens qu’il va surprendre le public. Bobby Gentilo, en accompagnement à la slide guitare permet d’adoucir le jeu brut de Carlos. Rythme chamanique, danse sur place, on se demande si Carlos ne part pas dans un voyage vers le monde des esprits, jusqu’à la transe. Il se permettra même un Bain de foule. Excellente découverte.

A quel moment fallait il programmer Ina Forsman ? Pas facile de passer après Carlos Elliot Jr.  Un chant tout en retenue, avec une très belle voix, très soul, mais un peu froide, comme sa Finlande d’origine. C’est elle qui porte tout le concert, les musiciens accompagnant comme ils se doivent, mais à aucun moment ne sont mis en avant. Un concert tout en douceur, façon cabaret, qui me laisse perplexe sur sa renommée (elle va faire la tournée de tout les festivals cet été). Pas très Bad Girl en tout cas. A réécouter dans un autre cadre surement.

Alexis Evans était en charge de clôturer le festival. Damien Daigneau aux claviers est remplacée par Florian Royo à la guitare. On ne perd pas au change. Tenues impeccables, ils ont tout des vieux big band de rhythm’n’blues, avec Alexis en maitre des lieux. Le concert reprend les titres de leur album « Git Bait », sorti en 2016. C’est rodé, placé, le groove est là, ça balance comme il faut. Il aura la gentillesse d’inviter Max Genouel et Hugo Deviers des Pathfinders à venir jammer sur deux titres en fin de concert.

Découvertes, valeurs sures, Bain de Blues reste le plus grand festival du genre de la région. Programmation audacieuse il prouve année après année que les branches de la musique afro américaine sont présentes dans de nombreux styles divers. Mais attention de trop s’éloigner des racines, le blues n’étant pas très présent cette année

Bonne fréquentation le vendredi (effet Manu Lanvin ?), le public était un peu moins nombreux que les autres années le samedi soir. Sans doute un effet long week end de Pâques imposé par un week end d’élections la semaine suivante. Merci à Patrick Lecacheur et à toute l’équipe de bénévoles pour nous offrir un si beau festival.

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BLUES EN RADE

Locmiquelic les 24-25-26 Mars 2017

Le Festival Blues en Rade est le premier festival d’une trilogie printanière. Suivront le 08 Avril la Nuit du Blues à Ambon et les 14&15 Avril Bain de Blues. C’est dire qu’en moins d’un mois, on peut se régaler de divers artistes venues des 4 coins du monde pour nous interpréter à leur manière cette musique afro américaines, dans des styles bien différents. Blues en Rade serait le festival le plus classique dans sa formule et son style, alors que la Nuit du Blues à Ambon, va nous faire découvrir des artistes en devenir (je ne citerai que les Alligator Nails de l’année dernière, qui reste l’une des plus belle performance de l’année) et puis le plus imposant, par sa taille, le nombre d’artiste a y jouer, Bain de Blues. Un coté découverte de plus en plus prononcé, parfois aux limites des notes Bleues, mais toujours de beaux moments. Et tout ça dans un rayon de 150km maximum de Rennes, autant dire que nous sommes gâtés.

Pour en revenir à Blues en Rade, lorsque je le cite comme classique, c’est celui qui reste pour moi le plus proche du Blues. Des découvertes, il y en a eu (et de très belles, les Delta Moon et CW Ayon), mais l’esprit reste Blues. Il est aussi un de celui qui dure le plus longtemps, puisque comme l’année dernière, une projection du film « I am the Blues » de Daniel Cross était programmée dès le Jeudi soir, en ouverture de festival. Le vendredi, les choses sérieuses commencent, avec en milieu d’après midi T. Bone Dubagou, avec en autre Joko au chant et à la Guitare, que les fidèles de Roazhon Blues connaissent bien, puisqu’il a animé la dernière Jam session au Mondo Bizarro.

Nouveauté cette année, le concert du vendredi soir changeait d’heure, de lieu et de formule, rien que ça. Fini, l’église Saint Louis, où il pouvait faire relativement frais parfois, place à la salle de Locmalo pour un Cabaret Blues. Pas présent ce soir là, la formule a beaucoup plût si j’en crois les commentaires du lendemain de ceux qui étaient présent.

Pour ce concert, c’était à The Three Gamberros que revenait l’honneur. Présent à Montfort Blues Festival en Novembre dernier, on peut facilement dire qu’ils savent nous emmener sur les terres du Blues Grass, du folk, de la country mais aussi du Blues. La particularité de ce groupe étant quand même le voix de Mig Toquereau, reconnaissable de suite. Une voix grave et rauque, parfois finement secondée par celle de Loretta en choeur, qui donne une note de légèreté à la chanson. Ces artistes sont de formidables musiciens, avec une culture musicale énorme. Présent sur tout le week end, dans des formules différents, ils nous prouveront tous leurs talents.

La soirée cabaret commençant à 19H00, le public présent pouvait se rendre pour finir la soirée, dès 21H30 au bar la Peau de l’Ours, pour écouter Lonj Duo dans un Delta Blues rugueux assez à la mode actuellement. Formule variable, c’est accompagné de Francis « Speedy » Gonzalez à la batterie, qu’ils se produiront.

Le samedi après midi il ne faut pas trop tarder à se présenter à la médiathèque de Locmiquélic, faute de se voir refuser l’entrée. Espace restreint, mais confortable, il accueille tous les ans des artistes du festival, dans une formule électro acoustique.

Cette année, c’est Louisville, c’est à dire, les 2/3 de The Three Gamberros ou la moitié de Loretta & the Bad Kings. Bon pour faire plus simple, on a Anthony Stelmaszack à la guitare et Mig Toquereau à la contre basse. Cette fois ci c’est Anthony qui s’y colle au chant. S’il n’est pas un grand chanteur, il sait être convaincant tout au long de reprises de titres des années 20 à 50, avec du Jimmy Reed, Blind Blake.

Et dans cette formule duo, en électro acoustique, ce n’est que du bonheur. Quelle finesse de jeu à la guitare, dans ce style roots, on est dans l’ambiance tout de suite. On assiste vraiment à un concert en toute intimité, l’espace ressemblant plus à un grand salon, qu’une salle de concert. On se sent vraiment privilégié devant ces artistes qui nous régalent de leur musique. Mig prendra le chant, sans micro, mais en a t-il vraiment besoin, puis la fin du set arrivant, le public réclamera encore quelques titres. Le timing n’étant pas trop serré, c’est avec plaisir que Mig et Anthony prolongeront ce moment pour finir avec un « Rollin’ and Tumblin‘ » de toute beauté.

On descend de la médiathèque pour s’engouffrer de suite sous le chapiteau mis en place par l’association Blues Rive Gauche. Buvette, restauration, scène avec Lonj Duo de nouveau.

Quelle différence entre le set acoustique de Louisville, tout en finesse, au plus proche des racines de ce que fût un Blues, où l’amplification n’était pas encore de mise, et ce son brut guitare/batterie, nous emmenant dans l’atmosphère des Jukes Joints du Mississippi. Voilà une belle démonstration du large éventail qu’est le  Blues.

La grande soirée du samedi accueillait Loretta & the Bad Kings en première partie. Retour de Anthony, Mig, Loretta accompagné de leur batteur Andy Garcia. Sous cette formule, c’est Loretta qui chante. Et elle nous propulse dans un univers tendance Rock’n’roll, teinté de Blues. Et une fois de plus, on reste émerveillé devant le jeu de guitare d’Anthony.

Ici, c’est électrique, il nous embarque de superbes solos, digne des plus grands Bluesmen de Chicago. Il en a accompagné d’ailleurs quelques un, dont Jimmy Burns. Et Loretta, qu’elle show elle nous a offert. Quelle énergie ! Elle m’a rappelé Las Vargas. Elle a littéralement mis le feu à la scène. Plus moyen de l’arrêter.

Le public ne s’y trompera pas, et lui fera une véritable ovation.

La tête d’affiche de cette soirée, c’était l’américain Dave Gross. Soutenu par une belle rythmique française Denis Agenet à la batterie et Abdell B. Bop à la contrebasse, il n’arrivera pas à me convaincre.

Excellent guitariste, ce genre de trio doit faire preuve d’une belle cohérence pour se démarquer des autres. Et puis si Dave est un bon guitariste, on ne peut pas dire qu’il soit un bon chanteur. Surtout quand on cite à plusieurs reprises le nom de Bobby Bland, dont il reprend 3 ou 4 titres. Réécoutons les originaux pour marquer l’écart avece les versions de Dave Gross. Il devrait se mettre au service d’un bon chanteur, et la formule serait payante.

Et s’il en faut la preuve, c’est bien quand Loretta et ses Bad Kings viendront jammer avec lui, que le concert reprend un peu de vigueur. Son dernier morceau, seul à la guitare, en hommage à Django Reinhardt, ne restera pas non plus dans les mémoires. Peut être un peu dur avec lui, mais en France nous avons d’aussi bons guitaristes, déversant autant sinon plus de feeling. AnthonyMister Tchang le lendemain avec Sandra Hall, pour ne citer que ceux présents sur le festival, mais il y en a bien d’autres. Dave Gross est encore jeune (30 ans) et tout l’avenir devant lui. Il lui faut trouver le bon registre, sans doute laisser sa place au chant en prenant peut être exemple sur un Monster Mike Welch qui, aujourd’hui, est bien plus convaincant avec Sugar Ray and the Bluetones.

Le dimanche on retrouve la petite salle de Riantec, pour accueillir Sandra Hall and the blues explosion. Classique, la reine du Blues va faire le show.

Un petit souci du dos, la fera rester assise quasi tout le concert, mais elle a suffisamment de charisme et de métier pour dynamiser le concert. Classique, les reprises de « Ball and chain« , « I’d Rather go Blind« , mais avec de l’amour, du feeling.

Les Blues Explosions l’accompagnent depuis plusieurs années maintenant et chacun participe à cette osmose.  Un set original en acoustique, avec Mister Tchang et Victor Puertas à l’harmonica, nous embarquera pour un court instant sur les rives de Mississippi. Le show est rodé, Sandra hall aime faire monter sur scène un homme pour une danse langoureuse avec elle avant de convoquer nombre de spectatrices pour un final tonitruant sur « Rolling on the river« .

Voilà, la 9ème édition de Blues en Rade s’est terminée, par une superbe prestation de Sandra Hall. Le bilan coté spectateurs est excellent (le concert de Sandra Hall était complet), donc tous les indicateurs sont au beau fixe pour nous préparer une superbe 10ème édition