BAIN DE BLUES

Pour la 11ème édition, Bain de Blues avait ouvert les portes du Blues en grand.

Première soirée le vendredi soir, c’est le groupe d’interscène Blue Butter Pot qui a la lourde charge d’entamer ce festival.

Remy Bonnet chant/guitare et Olivier Le Normand batteur, forment ce duo folk blues, tendance Western. Si le premier set est plutôt acoustique, chaque nouvelle apparition entre deux plateux, fera monter le son pour finir dans un set bien rock très électrifié.

Vainqueur du prix Bain de Blues lors des derniers RDV de l’Edre, Fred Cruveiller et son blues band ont su élaborer un concert avec du blues, un peu de soul et de rock. Fred est aussi bon à l’électrique qu’à la dobro en slide. Remarquablement soutenu par une section rythmique, il y a une véritable cohérence dans ce power trio.

Talmud Beach, groupe Finlandais était surement le groupe le moins Blues du Festival, pour ne pas dire, pas du tout Blues. Découvert lors des dernières Transmusicales, Patrick Lecacheur, grand amateur de musique en tout genre, n’a pas hésité à les programmer dans son festival . Une ouverture vers d’autres horizons, Le grand Nord mélangé à ceux de la West coast.  Entre des sonorité sixties, fleurtanr parfois avec l’ américana, difficile de les classer. Est-ce nécessaire d’ailleurs ? Avec leurs look improblables, ils assurent dans leur registre. Chacun des trois membres prend le lead au chant, mais c’est bien la voix haute perchée du batteur, qui fascine le plus. On est entre du Canned Heat et les Jayhawks.

Patrick nous avait prévenus, Rumble 2 Jungle, ça déménage. Il n’avait pas tort. Une première partie de concert dans un style funky, mais déjà bien enlevé, la seconde moitié du concert était carrément Rock. La chanteuse Kissia San, avec son look afro, n’était pas sans rappeler Lisa Kekaula des Bellrays. C’est déjà bien rodé, ça chante fort bien (dans les deux sens du terme), bref ça assure.

Si Rumble 2 Jungle déménage, que dire de Manu Lanvin pour ce dernier concert de la soirée. Véritable tornade électrique, il a tout emporté sur son passage. S’il fallait décerner un prix du meilleur performer, Manu le remporterait haut la main. Il se donne à fond et une partie du public n’est venu que pour lui. La mayonnaise prend forcément.


De plus, il peut compter sur la frappe puissante et juste de Jimmi  Montout à la batterie, pour donner le rythme. Un concert très rock avec un gros son, ces dames en on eu pour leurs yeux et oreilles, et tant pis si l’on ne retiendra pas sa version de « Red House », vulgarisée au maximum, tout le contraire de ce pouvait faire un Jimi Hendrix.

Samedi, ouverture de la deuxième soirée par The Barnguys, quintet de la région de Caen. Emmené par le chanteur claviériste Alexandre Lesueur, avec une voix soul à souhait, le groupe joue un blues teinté de soul et de rock. Très bonne entrée en matière pour cette soirée.

La suite n’allait pas nous décevoir non plus. The Pathfinders ont un répertoire impressionnant. Leurs concerts ne sont jamais identiques, mais toujours excellent. Malgré un son un peu mat, voir étouffé, nous avons pu apprécier le jeu de guitare de Max Genouel, avec ses interventions qui font mouche à chaque fois. Mention spéciale à Lil’ Lou, qui sera la seule chanteuse du week end à diffuser autant d’émotions dans son chant. Frissons garantis.

Attendu après la sortie de son album « Del Otun & El Mississippi », Carlos Elliot Jr était en France pour seulement quelques dates, dont celle de Bain de Blues.

Colombien d’origine, c’est avec un Blues très inspiré du Nord du Mississippi et des chants amérindiens qu’il va surprendre le public. Bobby Gentilo, en accompagnement à la slide guitare permet d’adoucir le jeu brut de Carlos. Rythme chamanique, danse sur place, on se demande si Carlos ne part pas dans un voyage vers le monde des esprits, jusqu’à la transe. Il se permettra même un Bain de foule. Excellente découverte.

A quel moment fallait il programmer Ina Forsman ? Pas facile de passer après Carlos Elliot Jr.  Un chant tout en retenue, avec une très belle voix, très soul, mais un peu froide, comme sa Finlande d’origine. C’est elle qui porte tout le concert, les musiciens accompagnant comme ils se doivent, mais à aucun moment ne sont mis en avant. Un concert tout en douceur, façon cabaret, qui me laisse perplexe sur sa renommée (elle va faire la tournée de tout les festivals cet été). Pas très Bad Girl en tout cas. A réécouter dans un autre cadre surement.

Alexis Evans était en charge de clôturer le festival. Damien Daigneau aux claviers est remplacée par Florian Royo à la guitare. On ne perd pas au change. Tenues impeccables, ils ont tout des vieux big band de rhythm’n’blues, avec Alexis en maitre des lieux. Le concert reprend les titres de leur album « Git Bait », sorti en 2016. C’est rodé, placé, le groove est là, ça balance comme il faut. Il aura la gentillesse d’inviter Max Genouel et Hugo Deviers des Pathfinders à venir jammer sur deux titres en fin de concert.

Découvertes, valeurs sures, Bain de Blues reste le plus grand festival du genre de la région. Programmation audacieuse il prouve année après année que les branches de la musique afro américaine sont présentes dans de nombreux styles divers. Mais attention de trop s’éloigner des racines, le blues n’étant pas très présent cette année

Bonne fréquentation le vendredi (effet Manu Lanvin ?), le public était un peu moins nombreux que les autres années le samedi soir. Sans doute un effet long week end de Pâques imposé par un week end d’élections la semaine suivante. Merci à Patrick Lecacheur et à toute l’équipe de bénévoles pour nous offrir un si beau festival.

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