Archives mensuelles : juin 2017

TRIEUX TONIC BLUES FESTIVAL

25.26.27 MAI 2017

Depuis 10 ans, dans la petite commune de Lézardrieux, se tient le Trieux Tonic Blues Festival, petit frère du festival Blues des 2 Rivières qui lui, a lieu le 2ème weekend d’octobre à Belle-Isle-en-Terre. Si je fais le déplacement sur ce dernier depuis quelques années maintenant, avec de très belles programmations tous les ans (Mississippi Heat en 2016, excusez du peu), je n’avais jamais mis les pieds au Trieux Tonic Blues . Pour cette 11ème édition, je décidais donc de m’y rendre, malgré un week end chargé en proposition.
1er point d’intérêt, la venue de John Del Tor Richardson, guitariste Texan, que je n’avais jamais vu sur scène, mais dont les échos de ses prestations étaient plus qu’éloquentes. Accompagné par Pascal DELMAS à la batterie et Fred JOUGLAS à la basse, John Richardson est un excellent guitariste et chanteur. Texan, mais avec des racines mexicaines, son Blues mélange habilement ces deux influences, avec un jeu fin, jamais démonstratif. « Get Me Back To The Texas », très Stevie Ray Vaughan, « This I Know » son frère Jimmy ou « The Moment » Carlos SANTANA, qui confirme ses racines Latinos, le concert varie les tempos et l’on ne s’ennuie jamais.

Un final avec Nico Wayne Toussaint et Michel Foizon concluera un excellent concert. Et l’achat de l’album « Tengo Blues », sorti en 2015 et passé relativement inaperçu dans la presse spécialisée,  confirmera mon impression, d’avoir entendu un très bon Bluesman. Il doit revenir en France en 2018, ne le manquez pas !

L’autre raison qui m’incitait à faire le déplacement dans les Cotes d’Armor, c’était la présence de Nico Wayne Toussaint sur les deux soirées. La première, en duo avec Michel Foizon pour un set épuré, tantôt acoustique, tantôt électrique. Formule décontracte, en salopette et chemise, il occupe toujours aussi bien la scène, sait se mettre le public dans la poche, et ses solos d’harmo font mouches à chaque fois.

Nico nous embarque aux Etats unis qu’il connait bien à bord d’un bus avec « Go On Greyhound », poursuit avec d’autres titres de son répertoire « Can’t You Tell » ou le magnifique « Lonesome » du même album, avant de laisser Michel au chant avec « I’am looking for a woman » qu’il présente avec une note d’humour, comme étant non autobiographique, en message à ceux qui connaisse son épouse Gladys Amoros. Chaleureusement applaudit, ils reviendront pour un rappel.

Pour sa seconde soirée, groupe et registre seront différents. En quintet (JP LEGOUT au clavier,    Romain GRATALON à la batterie, Michel FOIZON à la guitare et Antoine PERRUT à la basse), Nico lui en costard façon maître de cérémonie, va rendre hommage à son mentor, James COTTON décédé en début d’année (01/07/1935 – 16/03/2017). Le répertoire de ce dernier est vaste, et c’est dans les titres soul, voir funky (« Hard Time Blues » chanson écrite par Allen Toussaint) de James que Nico va puiser.

Le hasard du calendrier faisait que le  trompettiste Bonnie Fields était en concert la veille à Tréguier, commune voisine. Deux ou trois coup de fil, et l’affaire était entendu, il viendrait en invité surprise sur le concert de Nico. Par deux fois, il montera sur scène l’accompagner, pour ajouter cette touche cuivre si dansante. Même si à ma surprise, l’harmonica n’est pas omniprésent, chaque intervention  nous plonge immédiatement dans le Blues de Chicago avec bonheur. On se laisse aller et on suit les pas de danse de Nico.

Deux soirées, deux concerts différents, mais toujours la même envie de jouer, de partager, la même humeur, le même plaisir, Nico est un mec super sympa, talentueux et généreux. Il tourne régulièrement et à chaque fois c’est un plaisir de le voir.

En première partie de ce samedi soir, les COTONN BELLY’S revenu de leur voyage à Memphis en début d’année, arrivait à faire bouger un public très calme. Les COTTON interprètent un blues énergique avec une voix soul, en incrustant des morceaux de folk et de rock. Les limités au Blues serait une erreur. Ils ont la pêche, et sûr que devant une audience plus encline à bouger, ça doit faire un malheur. Ils tournent tout l’été, seront entre autre à Blues en Chenin à la fin Août. Hâte de les revoir dans une configuration plus festive.

J’ai parfois du mal à comprendre le choix de passage des artistes. Car si les Cotton Belly’s avaient réussi à faire danser une partie du public, le duo Finlandais Lena and the Slide Brothers, faisait largement retomber l’ambiance avec des morceaux acoustiques tout en douceur. A l’origine dans leur pays, il s’agit d’un groupe, Lena au chant et à la basse, Matti Kettunen et Ykä Putkinen aux guitares + Juha Litmanen à la batterie. Leur jeu peut être électrique ou acoustique, avec des parties de slides très prononcées. A Lézardrieux, nous aurons seulement Lena et Matti. Leur set est nettement moins dynamique de ce que l’on peut voir sur le net.

Non pas que cela fût mauvais, au contraire, Lena possède une belle voix, et la slide de Matti, avec un son très métallique, donnait un coté roots 100% authentique. En duo, je les aurais plutôt vu ouvrir la soirée, puis faire monter la sauce avec les Cotton et finir  avec Nico, qui du coup, a dû relancer l’’audience. Mais cette fois ci ce fût plus rapide que la veille !

A la décharge des organisateurs, si Lena et Matti sont arrivés en Bretagne dès le Jeudi, leur matériel, ils ne l’ont récupéré qu’une heure avant de monter sur scène le samedi soir. Donc balance en direct, et surement un peu de stress. A revoir en condition plus cool et dans la formation complète.

Le Festival avait démarré le Jeudi (je n’y étais pas)avec les 50 ans de carrière de Patrick CANY, puis tout au long du week end, des concerts dans les bars sont organisés. T Bone Dubagou avec notre ami Joko, au bar le Yatch, le one man band Fester à la pizzéria, Youen Guillanton avec un blues folk breton ou  les Stone Men Blues, groupe sympathique de Morlaix.

L’équipe de bénévole est en majorité la même que celle de Belle-Isle-en-terre, on est en terrain connu, et Marcel ALLAIN fait un boulot formidable. Merci à eux pour leur accueil. Ils nous donnent RDV les 6&7 octobre pour le Festival Blues des Deux Rivières. Il est annoncé Tad ROBINSON, superbe chanteur harmoniciste, dans un registre soul. Encore sous réserve, reste la signature du contrat à effectuer. Surveiller donc la rubrique concert du site Roazhon Blues.

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DANI DE VITA

MONDO BIZARRO Le 09-06-2017

Vendredi 09 Juin, Roazhon Blues organisait son premier concert de l’année, au Mondo Bizarro évidemment ! Par contre l’artiste invité était loin d’être une évidence. Daniel De Vita un jeune argentin de 29 ans, mais où donc, avons nous été chercher ce gringo.

Dani, est un Bluesman de Buenos Aires, qui tourne un peu dans son pays, voire dans les pays limitrophes. Fort d’un album enregistré en 2015 sous le label Catty Town Records, basé en Irlande, le  CD « Southside Blues », ne laisse aucun suspens en terme de style musical. On est dans du Chicago blues de bonne, voire d’excellente facture.

Riche de cette expérience en studio et de l’envie de découvrir le monde, Dani s’est décidé à venir en Europe sur une période d’un peu plus de 3 mois, d’Avril à Juillet. Mais aussi dans un but d’essayer de se faire connaitre. Et c’est comme ça, que depuis son Argentine natale, il a préparé son voyage, en contactant différents réseaux  Blues d’Europe, et qu’il est tombé sur le site de Roazhon Blues. Il nous a expliqué sa démarche, son trip à travers le vieux continent et l’envie de jouer avec des musiciens  locaux. L’offre tombait plutôt bien, Roazhon Blues venait, après un bilan financier pas trop catastrophique, de prendre la décision d’organiser un nouveau concert le 09 Juin (c’est comme les vacances faut prévoir longtemps avant) sans savoir qui allait être l’invité. Nous lui avons donc proposé de venir jouer au Mondo le 09 Juin, et d’essayer de lui trouver d’autres dates.

Après avoir tourné en Espagne (vaut mieux débuter dans un pays dont la langue n’est déjà pas un problème), à Madrid, Barcelone, puis en France, nous rencontrions Dani le jour même du concert. Installé chez Didier et Andréa (merci à eux pour l’accueil de Dani) depuis une petite semaine, il a pu se reposer (c’est dur la vie sur la route) et c’est en pleine forme qu’il s’apprêtait à jouer au Mondo. Le Roazhon Blues Band s’était préparé à cette soirée et avait bossé les morceaux longtemps avant. Si une répétition avait été organisée pour le vendredi après midi, elle se limitera à une simple balance, Dani estimant, que tout était OK. A cool man !

Bref, sur les coups de 21H15, devant une audience clairsemée Dani monte sur scène pour une intro en solo, puis vite rejoint par Cédric pour un duo Guitare Harmo du meilleur effet. Si le jeu de Dani est appréciable, on reste quand même un peu éloigné du style des morceaux interprétés sur son album, enregistré il est vrai avec des musiciens.

C’est donc une entrée attendue du Roazhon Blues Band qui rejoint Dani après à peine une demi heure de jeu. David à la batterie, Nico à la Basse, Guillaume à la guitare et Cédric à l’harmo, on est en terrain connu. Si pour Dani c’est une première, le Roazhon Blues Band se connait bien, et cela va simplifier énormément le jeu.

Mais c’est bien Dani qui impose le rythme, avec un jeu de guitare (une Gibson de 72 d’origine) très personnel. Pas de surprise, on est dans du Chicago Blues (shuffle, Blues lent) mais son jeu est aéré, avec des variations de tempo, coupant le micro de sa guitare, pour le remette à puissance maxi. La voix de Daniel est dans un registre de ténor, avec un accent américain bien prononcé, l’ensemble donnant un son bien vintage. C’est grâce à son père, qui lui a fait découvrir Memphis Slim, que Dani s’est mis au Blues et plus précisément à celui de Chess Records.  Il y a une qualité réelle, la façon dont il chante parfois, donne le sentiment d’écouter une vieille radio. Le Mondo Bizarro se transforme alors en Checkerboard lounge.

Les rythmes sont connus et le Roazhon Blues Band s’adapte parfaitement au jeu de Dani. Ça à l’air si facile à entendre comme ça. Puis sur la fin, Soazig viendra interpréter deux morceaux, Cédric laissera sa place à Dom, et Fabrice des Bluesmiles prendra la guitare de Guillaume pour profiter également de la bonne ambiance sur scène.

C’est ainsi que se terminera cet excellent concert devant un public très restreint à cette heure tardive. Le show aura duré plus de deux heures, Dani est très heureux d’avoir une fois de plus, joué avec des musiciens de là où il a posé son sac pour quelques jours. Tout le monde est satisfait de l’expérience, et c’est avec plaisir qu’il sera de nouveau accueilli s’il doit repasser dans le coin. Un concert est prévu le lendemain sur Nantes avec le Roazhon Blues Band, avant de s’envoler pour l’Autriche le dimanche suivant.