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NUIT DU BLUES À AMBON

07/04/2018 – AMBON

Le sud du Morbihan était teinté de Bleu en ce week-end du 06-07-08 Avril. Pas par la couleur du ciel, qui nous offre une palette de gris interminable depuis plusieurs mois, à nous filer le Blues pour de bon.

ciel gris morbihan

Mais  c’était bien le Blues qui était à l’honneur ce week-end là, sur deux sites différents. Le Festival Blues en Rade du coté de Locmiquélic et la Nuit du Blues à Ambon. Hasard du calendrier ou manque de coordination entre ces deux évènements, il a fallu faire un choix. Je n’ai pas encore mon hologramme pour être présent partout à la fois.

Contrainte personnelle et choix musicaux, me feront opter pour la Nuit du Blues avec un finish le dimanche à Riantec pour le dernier concert de Blues en Rade

Pour cette 14ème édition, la Nuit du Blues proposait une nouvelle fois une affiche inédite et internationale. On reconnait bien là, la patte du programmateur Philippe Le Guennec, découvreur de talents cachés. Plusieurs noms que vous voyez sur les programmations nationales, ont commencé ici. Le bouche à oreille du petit monde du Blues faisant ensuite son travail.

Nuit du blues Ambon 2

Tout comme le Festival Blues en Rade (on y reviendra plus bas), la Nuit du Blues à dû s’adapter aux aléas de dernière minute. Tout d’abord sur la programmation en elle-même. Plusieurs pistes pour un 4ème groupe, mais rien de définitif. Il était pourtant temps de sortir les affiches et commencer la campagne de promotions. Alors rien n’étant conclu, c’est une affiche avec « + 1 » invité qui sera diffusée.

Mais entre programmateurs  de festival, il y a toujours un nom à proposer. Et finalement cet invité, ce sera Sarah James, une anglaise vivant à Paris, accompagné par le guitariste Jez Tepper. Dernier groupe à être programmé pour cette édition, mais premier à monter sur scène, devant un public venu nombreux.

Sarah a formé dans les années 90 le duo Two Timers avec le guitariste Gordon Russell qui a joué avec Dr Feelgood à la fin des années 1980. Chanteuse, harmoniciste sur quelques titres, c’est quand elle cogne sur une caisse claire portable, que les morceaux prennent une autre dimension, plus pêchus. Au carrefour de la folk et de la soul, le tout teinté de Blues, sa voix chaude et puissante fait mouche. Le guitariste Jez Tepper, position assise, soutient parfaitement avec un jeu précis les titres de Sarah. Première belle découverte de la soirée, on peut encore la remercier d’avoir accepté de venir un peu au dernier moment.

L’inter-scène a été abandonné, ce qui n’est pas forcément une mauvaise idée. Si la salle de l’espace Le Len est grande, le hall d’accueil divisé en deux parties, ne permet pas une circulation facile de plusieurs centaines de personnes.

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Le rush au bar entre deux plateaux est toujours un peu difficile à gérer, aussi bien du côté des bénévoles, débordés par une demande express, que du côté du public souhaitant atteindre au plus vite le comptoir. L’inter-scène se situait justement devant le bar, et rendait l’accès encore plus difficile.

Si côté trésorerie, n’avoir qu’une seule caisse est un plus, le paiement par ticket n’est pas toujours pratique. La diversité de ticket, selon si l’on veut consommer ou manger (pas le même ticket entre une galette saucisse  et une chipo frites), oblige un peu à commander un menu dès le début.

Bon tout cela est géré par une équipe de bénévoles mettant tout leur cœur à nous rendre la soirée le plus agréable possible et rendons leur hommage, car ils y arrivent très bien et toujours avec le sourire.

C’est l’Argentin José Luis Pardo accompagné par la section rythmique Dominique Braud (basse) et Oliv’ (batterie) qui monte sur scène pour nous distiller son Blues.

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José Luis est un bon chanteur et excellent guitariste (il est professeur de guitare et directeur de la Blues School de Madrid). Voyageur au long cours, il a accompagné des musiciens tels que Michael Burks, Willie Buck et Jimmy Burns dans des tournées mondiales. 10 ans de blues rock, rhythm & blues lui ont permis de se forger une réputation internationale et de maitriser la scène. Il nous en fera l’exemplaire démonstration, faisant participer le public (très en forme ce soir-là) à maintes reprises et souvent avec humour. Parfois l‘improvisation est de mise, la répétition avec Dominique et Oliv n’ayant eu lieu que lors des balances. José Luis vit actuellement à Madrid et a son propre band là-bas, il serait intéressant de les voir au complet. Philippe Le Guennec,  également programmateur du Festival de la Chèze qui a lieu au mois d’Août, nous a annoncé que José Luis Pardo y sera de nouveau présent. Ne le manquez pas.

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La soirée se poursuit avec Ronny Aagren Band, des Norvégiens dont c’était la première venue en France (il me semble). En pleine promotion de leur nouvel album « Close to you« , j’attendais avec impatience leur performance. Nouvel arrivant sur la scène Blues, dès les premiers titres, on sent une autre influence assez forte, celle de la country. On est plus dans un style Americana teinté de Blues que l’inverse. Étonnamment, cet effet n’est pas aussi prononcé sur l’album. Du coup leur jeu est plutôt cool, là où je m’attendais à un set plus enlevé. Peut-être est-ce aussi dû à cette envie de bien faire, et de ne pas se libérer complètement.

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DSC_0628Ronny est accompagné par Alexander André Johnsen au piano et orgue , Roar Paulsberg (basse) et Ole-Christian Rydland aux drums. Comme je le disais plus haut, Philippe déniche des artistes que l’on retrouve sur d’autres scènes plus tard, sûr que le Ronny Aagren fait partie de ces groupes. À revoir.

La Nuit du Blues se terminait avec la performance de l’Italienne Linda Valori. Annoncé accompagné par l’excellent guitariste Italien Maurizio Pugno, celui-ci a annulé sa participation durant la semaine précédant l’évènement, dû à un problème de santé. On lui souhaite prompt rétablissement. Trouver un guitariste remplaçant à deux jours d’un concert n’est surement pas la chose la plus simple à gérer, mais cela s’est fait avec un autre excellent guitariste (dont je n’ai pas retenu le nom, désolé).

Linda Valori est, quant à elle, rentrée dans le milieu du Blues grâce à son album « Days like this » sortit en 2013 avec Larry Skoller à la direction artistique. Mais on la présente plus comme celle qui a chanté devant les papes Jean Paul II et Benoit XVI ou alors ses prestations à divers reallity show ou concours de chant (style « The Voice ») de la télé Italienne.

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Elle possède une très belle voix, qui peut monter très haut dans les aigus. Elle nous fera d’ailleurs une démonstration style cantatrice en intro d’un titre. Ses capacités vocales lui permettent de toucher un peu à tous les styles, blues , soul voir pop classique. Sa version finale de « Halleluja » de Jeff Buckley en est une démonstration. Je regretterai quand même le manque d’émotions qu’une telle voix devrait être capable de diffuser. Le public, qui est resté jusqu’au bout lui fera une belle ovation.

Quant au remplaçant de Maurizio, il s’en est très bien sortit, plaçant quelques très bons solos et quelques rythmes plus enlevés soulignant d’une belle note bluesy le tour de chant de Linda

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L’année prochaine ce sera la 15ème édition. Même si rien n’est encore dévoilé et si l’idée de cette Nuit du Blues n’est pas de programmer une énorme tête d’affiche, on peut penser qu’ils souhaiteront souligner à leur manière cet évènement.

Après cette Nuit du Blues, j’ai pris la direction de Lorient. Le dimanche, en fin d’après-midi, avait lieu le dernier concert du Festival Blues en Rade. Celui-ci avait commencé le vendredi soir, par un concert des Lazy Buddies, qui ont été excellents comme d’habitude, voire même meilleurs que d’habitude selon certains. Plus d’assurance, plus de guitares, d’harmo, plus belle voix, bref, ce ne sont pas les éloges qui manquent et c’est en phase avec leur dernier album « All In » salué par la critique spécialisée.

Le lendemain, ça a dû être chaud pour Guy Le Texier le programmateur, qui a dû faire face à de divers désistements. Ça avait commencé par le concert du samedi après-midi. Sur l’affiche Alex De Vree et Erwan Le Fichant remplaçaient Arnaud Fradin et Thomas Troussier initialement prévus. Mais second contretemps dans la semaine, Alex et Erwan ne pouvaient venir. Au final, c’est Paul Cowley qui assurera ce set à la médiathèque de Locmiquélic. Alors que Max and the Freaky Buds jouaient le vendredi soir au café « La Peau de l’Ours » à Port-Louis et sous chapiteau le samedi soir, c’est un autre contretemps qui se présentait. Tête d’affiche du samedi, Stagger Lee, devait se passer de son leader Arnaud Fradin. Oups, gros coup de chaud. La solidarité du monde du Blues est entrée en ordre, et c’est Mister Tchang qui l’a remplacé au pied levé. Du coup, le public a eu le droit à une version inédite de Stagger Lee avec Tchang au chant et aussi Hugo Deviers à la batterie, en remplacement de Fabrice Bessouat. Et il parait que ça été un véritable feu d’artifice. Le public debout sur les 20 dernières minutes du concert. Il y avait ceux qui y étaient, et les autres. Faisant partie des autres je ne fais que répéter ce que j’ai entendu, mais connaissant Mister Tchang, je veux bien les croire.

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Du coup tout le monde ne parlait que de ça, et la prestation de Keith Johnson m’a très peu été détaillée.

La salle de Riantec n’autorise plus les concerts électriques. L’année dernière, Sandra Hall étant déjà programmée, il avait fallu négocier cette annonce tardive, mais pour 2018, cette contrainte devait être prise en compte dans la programmation.

D’où ce choix judicieux de faire jouer le duo Martin Harley & Alessandra Cecala. J’avais déjà vu cette Italienne au festival Vache de Blues avec The Reverend & the Lady. Ici, elle accompagne Martin Harley, un anglais. Celui-ci a sortit deux albums avec Daniel Kimbro (« Live at Southern Ground » en 2015 et « Static In The Wires » en 2017). Depuis peu semble t-il, c’est Alessandra qui a pris la place à la contrebasse.

DSC_0763Le style de Martin, on pourrait facilement le rapprocher de celui d’un Ben Harper, déjà par le fait qu’il joue sur une guitare Weissenborn (issue des guitares Hawaiennes). Ses ambiances sont toutes en fluidité, Martin Harley a une très belle voix, souple et chaude, qui sait se faire rugueuse quand il le faut. Mais c’est surtout son jeu de guitare qui est impressionnant. Rapide ou lent, parfois complexe, il est d’une dextérité incroyable. Couplé à la contrebasse d’Alessandra, ce duo fait preuve d’une belle maitrise d’un style de folk Blues épuré. Sur des titres comme « Winter coat » ou « Cardboard King« , je retrouve l’émotion et la grâce que je n’avais pas eu à la Nuit du Blues à Ambon, avec Linda Valori. Entre les titres originaux, Martin glisse un titre de Tom Waits et Muddy Waters (très belle version de « I Can’t Be Satisfied« ). Pour ma part, je pense qu’il devrait laisser un peu plus de place au chant d’ Alessandra, qui apporte dès qu’elle le peut une nouvelle couleur chaude à l’interprétation des titres. Bref je ne regrettais pas mon déplacement et le public a réclamé trois rappels, plus une séance de dédicace d’album, avant de les laisser enfin respirer un peu.

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Guy Le Texier pouvait aussi souffler. Malgré les quelques déboires de désistement, cette édition 2018 de Blues en Rade a tenu et ses promesses. L’année prochaine ce sera les 10 ans de ce sympathique festival.

Alors messieurs les organisateurs et programmateurs de Blues en Rade et de la Nuit du Blues à Ambon, entre les 10 ans de l’un et la quinzième édition de l’autre, s’il vous plait, accordez vos violons. Faites en sorte de ne pas placer ces deux évènements le même week-end.  Ne nous privez pas d’une de vos si belles soirées .

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HOMMAGE À PEDRO

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Dans ce petit monde du blues, il y avait Pedro (Pierre Sabater).

Il avait été assez fou – c’est lui qui le disait en se surnommant « l’crazy » – pour se lancer dans des projets insensés, en autodidacte. Il se considérait comme un « luthier sauvage » avec ses cigar-box, dont il jouait notamment lors des bœufs de Roazhon Blues, en chantant ses textes en français. Avec sa voix de fumeur, il animait aussi une émission de radio : le Laser Blues Train ; et était membre du Collectif des Radios Blues. Il a surtout osé créer un festival de blues gratuit dans son jardin, avec le soutien de sa famille et de ses copains. Comme son jardin donnait sur la Vilaine et lui rappelait un peu la Louisiane, il avait baptisé ce rendez-vous « Bayou Breizh Festival », par lequel il montrait son sens de la convivialité, sa passion pour la musique (et pour la jam !) et son soutien à la scène blues locale, comme nationale.

Mais, depuis hier, il manque à notre petit monde… Et nous pensons à ses proches à qui il manque plus encore.

L’équipe Roazhon Blues. (Photos Benoit David et Adèle Roisné)

 

FESTIVAL BLUES D’AUTOMNE EN RABELAISIE

Beaumont-en-Véron – Octobre 2017

Certaines dates de festival bousculent les traditions. Cette année, celle du BAR festival fût de celle-là. Habitué à me rendre au festival des deux rivières à Belle-Isle-en-Terre le deuxième week end d’Octobre, l’annonce de la troisième édition du festival Blues d’Automne en Rabelaisie à la même date changeait la donne. Coté pile, Tab ROBINSON en tête d’affiche des 2 Rivières. Je ne l’ai jamais vu, mais sa réputation n’est plus à faire. Coté face, un festival qui pour sa 3ème édition affiche déjà ses prétentions grâce à son programmateur Dominique BOUILLON, à qui je n’ai jamais rendu visite dans sa salle « le temps des crises » à Beaumont-en-Véron. Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir Guy Verlinde et Dave Arcari, mais on en dit également du bien.

Choix délicat ! Si l’année dernière le thème du BAR festival était les voix féminines, cette année, c’est un Best Of de la programmation de la salle du Temps des Crises. Faisant confiance à Dominique, le souhait de profiter de trois jours plein de musique et la certitude de voir de nombreux amis auront raison de mon choix. Départ prévu le 06 octobre en début d’après midi.

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A peine arrivé sur les lieux, on devine déjà l’attention particulière faite à l’accueil du festivalier. Une porte d’entrée du village des plus sympathiques et colorées. Les artisans et exposants sont déjà en place. Les bénévoles s’activent encore. On rencontre les premiers amis. Le temps de récupérer ses entrées, ses jetons, Ronan One man Band s’installe sur la petite scène extérieure.

DSC_6237Ce Breton monte en puissance à chaque apparition. Sa voix écorchée et rauque chante un Blues rugueux, le tout accentué par un jeu de guitare brut, laissant quand même parfois des moments de pures mélodies. Jouant aussi bien dans un bar que sur des scènes de notoriété internationale (il a joué au Blues Rules Crissier Festival en Suisse), Ronan maitrise parfaitement cet espace, et sait nous faire voyager au plus profond des régions historiques de cette musique.

On le retrouvera tout à l’heure, mais il faut se rendre à l’intérieur pour le premier concert de la soirée.

 

Le New Yorkais Chris Bergson, ouvrait le premier concert de la soirée dans la salle polyvalente. On notera que cette salle est parfaite pour ce genre de manifestation, de taille humaine, et avec un son parfait ce vendredi soir. Il n’en sera pas tout à fait de même le lendemain. Accompagné de Philippe Billoin (claviers), Philippe Dandrimont (basse) et Pat Machenaud (batterie), déjà avec Chris lors de son passage à Bain de Blues en 2015, mais vu également avec Rockin’ Johnny Burgin, ces gars là connaissent leur affaire. Discrétion sur scène mais efficacité totale.

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Son passage à Bain de Bretagne ne m’avait pas laisser un souvenir impérissable. Je l’avais trouvé trop démonstratif dans ses solos de guitares. Deux ans plus tard et avec son nouvel album « Bitter Midnight » , je le redécouvre avec plaisir. La voix chaude se marie bien à son répertoire soul blues, et ses incursions dans le jazz fusion, ouvre son univers vers d’autres horizons.

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Je n’avais pas encore eu l’occasion de voir Guy Verlinde en concert et avec tout le bien que l’on m’en avait dit, j’attendais sa prestation avec impatience.

DSC_6349Et ce soir il sera donc fidèle à sa réputation. Il nous donne un excellent concert tout en énergie, arpente la scène de droite à gauche, saute, nous invite à danser en même temps que lui, infatigable. Son jeu est plutôt rock , mais toujours teinté de blues. Le gars écume les scènes hexagonales mais pas que, et son show est bien rodé. Il a plusieurs album à son actif, les premiers étant sous le pseudo de Guy Lightnin’. Laissant parfois la guitare, il sait aussi prendre l’harmonica pour des purs Blues. Un final au son du « Bon temps roulé » permet d’apprécier la palette de référence musicale dans laquelle il évolue. Il invite le public à monter sur scène pour danser et se laisser aller.

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Le BAR Festival, ce n’est pas que de la musique, et tout est mis en œuvre pour que le festivalier présent sur les 3 jours, ne s’ennuie pas. La visite d’un vignoble dès 10H30 le samedi matin allait occuper une bonne partie de la journée. Merci donc à Mr Christian MILLERAND pour nous avoir fait découvrir ses vignes, son travail, ses caves et ses vins bio. La dégustation qui finalisait la visite a été des plus généreuses.

Le petit groupe de 15 personnes est partit ravi et avec quelques souvenirs à déguster avec modération. C’est aussi ça l’esprit du BAR Festival, un accueil chaleureux de la part des bénévoles mais aussi des acteurs de la région. Merci à tous.

La visite aura durée un peu plus longtemps que prévu, et ce n’est que vers 14H00 que l’on revient au village du festival. Les Honeymen avec Elmore et Jimmy sont en places depuis un bon petit moment et distillent leur Blues aux festivaliers attablés  sous les chapiteaux. Peut être la position la plus ingrate du week end, jouer pendant que le public se restaure reste un exercice délicat. Malgré tout, l’ambiance est excellente et le duo nous gratifie de swamp blues du Bayou au Blues de Chicago en passant par du country blues. Jimmy à la guitare, Elmore à l’harmonica, ils se connaissent par cœur et savent faire monter la sauce. C’est toujours un plaisir de les entendre.

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Ballades, discussions entre amis, voir sieste pour certains, l’après-midi passe tranquillement. 18H00, Philippe Ménard s’installe sur la petite scène et c’est repartit pour une seconde soirée.

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On ne présente plus cet artiste sympathique, qui incarne à lui tout seul, ce qu’est un One Man Band et ce, depuis plus de vingt ans. La formule est rodée et fait mouche à chaque fois. Un nouvel album « Walking on the Front Line »  sorti en début d’année, démontre encore son plaisir de jouer et de composer. Un couple Breton présent sur le festival un peu par hasard, le découvre pour la première fois et tombe de suite sous le charme. Il sera leur coup de coeur du week end. Le dernier morceau sera interprété à l’aide de deux tournevis frappant la corde de son diddley bo home self made. La grande classe.

Pour la grande soirée du samedi, pas moins de trois groupes au programme. Comme l’avait annoncé Dominique Bouillon, les artistes de cette 3éme édition, sont un best of de la programmation de la salle Le Temps des Crises. Par Best Of, il entend des artistes qui ont su faire vibrer le public par leur musique mais qui ont aussi un capital sympathie, bref ce qui fait qu’un vrai courant passe entre l’artiste et l’équipe de bénévole et du programmateur.

Voilà un peu pourquoi, le premier groupe à passer sur scène n’a pas grand chose à voir avec un registre Blues. Il s’agit d’Isaya, composé de Caroline et Jessica, sœurs jumelles d’Aix en Provence.

Au premier contact on est séduit par les voix, claires, expressives, elles portent le public vers une folk pure. Puis viennent les frappes sèches sur les Tom Basses en rythmes façon tribal. Mais là le son n’est plus aussi souple que la veille, et il vient même un peu à casser les oreilles. Les sons électro du claviers s’ajoutent et l’ensemble perd un peu de sa cohérence et le public avec. C’est dommage, car le dernier morceau en électro acoustique pure avec une guitare sèche montre le réel potentiel de ses belles chanteuses. Leur disque « Go With Yourself » met bien leurs voix en évidence et est très agréable à écouter.

Soirée aux multiples facettes, c’est le blues rock de Bo Weavil dans une formation en sextet, ce qui est rare, qui prend le relais. Accompagné de Forian Royo à la guitare, Igor Pichon à la basse , Nicolas Mary aux claviers, Yvan « Don » Tamayo aux percussions et Gilles Delagrange à la batterie, ils vont interpréter principalement les titres de leur dernier album « A Son Of Pride » qui fût très bien accueilli par la presse spécialisée. Rock, Funk, Blues, ça envoi du lourd, pas de temps mort avec Matthieu Fromont.

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Tête d’affiche et dernier concert de la soirée, Larry Garner, accompagné par ses fidèles musiciens anglais lors de ses tournées européennes, dont le guitariste  Norman Beaker, représentant du british blues par excellence. Larry aime raconter des histoires et ne s’en prive pas, toujours avec une note d’humour. Il nous prouve qu’il est tout aussi bien capable de chanter du RAP et, effet Larry Garner, c’est bon. Avec son style cool, voir non chaland, un jeu de guitare aéré et sa voix chaude, il nous transporte du côté de la Louisiane tout au long du concert.

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Dimanche, dernière journée, le temps s’assombrit un peu mais cela ne va pas empêcher 180 personnes environ à déguster le Gumbo préparer par les bénévoles sous l’oeil avisé de Larry Garner himself. Et en accompagnement musical, Dave Arcari, avec un folk celtique qui peut se durcir parfois pour devenir rugueux flirtant avec du Hill Country Blues.

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Dernier concert programmé à 15H30, un horaire plutôt inhabituel, mais la pluie s’étant invité, on apprécie de se mettre à l’abri. Et pour quel concert ! Sugaray Rayford, avec des nouveaux musiciens dont un saxophoniste, mais toujours avec son guitariste Gino Matteo. Un concert de Sugaray, c’est une grosse claque à chaque fois. Quel showman ! Et ça passe par tous les styles et émotions. Humour avec un début country, performer tout au long du concert, déroutant avec un extrait  de « Comfortably Numb » de  Pink Floyd. On est loin du blues, mais des monuments de ce type-là s’apprécie toujours. Et Sugaray de souligner que ses musiciens ne sont pas des machines programmées mais belle et bien de véritables artistes.

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Puis viendra un duo avec Larry Garner, suivit d’une séquence émotion grande comme le bonhomme, avec son hommage à la dernière tuerie américaine, et de vouloir croire encore au genre humain. Certain que des larmes ont été versé à ce moment là.

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Le public lui est totalement acquis et le réclame encore en rappel. Ce qu’il fera, avec « Take Me Back » titre de son dernier album « The World That We Live In » aux sonorités soul. Puis ensuite une longue séance de dédicace, où il prend le temps de discuter avec chacun. Infatigable, malgré une longue nuit de transit entre le Danemark et Beaumont-en-Véron.

Ainsi s’achève cette troisième édition du BAR et ma première pour moi. Il devient évident qu’avec une telle programmation, des conditions d’accueil aussi excellentes et une équipe de bénévoles chaleureuses, ce festival va devenir rapidement un incontournable à ne pas manquer. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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Félicitation à l’artiste qui a réalisé cette toile géante pendant le festival.

Merci à toute l’équipe du BAR et à son programmateur Dominique BOUILLON.