FESTIVAL BAIN DE BLUES 2018

20 & 21 Avril 2018 – Bain de Bretagne

Le 20 et 21 Avril dernier avait lieu le Festival Bain de Blues. Bain de Blues, vraiment ?

Sur les 10 groupes programmés les deux soirées, si l’on voulait coller des étiquettes de style, le seul à pourvoir se faire épingler Blues aurait été l’Electric Blues Duo de Xavier Pillac et Antoine Escalier, deux protagoniste de la scène Blues française. Comble de la programmation ce duo jouait sur l’inter scène le vendredi soir.

Mais parfois les étiquettes se décollent, et il faut alors prendre le temps d’écouter pour savoir à qui on a à faire. C’est ce à quoi le public était invité à venir découvrir. Si le beau temps est également invité tous les ans, cette année il avait décidé de faire le déplacement, donnant une petite touche bucolique et insouciante au Festival. Dès l’arrivée sur site, c’est les retrouvailles avec les potes. On prend des nouvelles, on commente les derniers concerts, découvertes, coup de cœur des derniers jours, mois , année selon la dernière rencontre.

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Puis on s’avance un peu et on découvre devant la salle, un grand chapiteau, abritant une belle expo photos de Yves Lafosse et un stand Blues Magazine.

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Le stand dédicace (enfin une table) se tenait là également. Malgré cet aménagement, cet espace faisait un peu vide. L’avantage c’est qu’il n’y avait pas bousculade pour faire signer le CD de son artiste préféré. Peut être aussi que tout le monde n’avait pas compris le déménagement de celui-ci , quand sur les éditions antérieures cela se tenait dans le hall d’entrée.

Ce sont des petits changements, mais c’est aussi ça la vie d’un festival. 12ème édition, l’enfant grandit, murit et donc change.

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Ce changement est annoncé d’ailleurs sur le site du Festival ou la brochure, où l’on trouve cette citation de Richard Borhinger « Jusqu’au vertige à la brûlure de l’âme » et d’expliquer un peu plus loin « l’équipe du festival affiche sa volonté de bousculer les traditions en s’ouvrant à d’autres courant musicaux ».

Alors, même si ce millésime 2018, n’était pas des plus clinquants sur le papier, le mieux était de venir sur place et de voir de quoi il en retournait

L’affiche proposait pour le vendredi soir, Cut The Alligator, formation rennaise, les anglais de The Big Sets, vainqueurs du prix Bain de Blues des RDV de l’Erdre, Thorbjorn Risager & the Black Tornado, tête d’affiche de cette soirée, voir du week end, et Dirty Deep, trio strasbourgeois.

C’est à l’Electric Blues Duo du tandem Xavier Pillac et Antoine Escalier  d’assurer l’ouverture de ce festival ainsi que 3 autres sets de courtes durée lors des changements de plateaux de la scène principale. Mais ce Blues roots qu’ils nous délivrent, ils le maitrisent parfaitement et c’est avec un réel plaisir que l’on reviendra à chaque fois les écouter. Xavier nous offrant lors du dernier quart, un magistral solo de slide guitare. Grace à eux, nous aurons les seules notes bluesy du week end. Mais elles étaient de qualité.

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Pour ma part, la bonne surprise viendra de The Big Sets, Jeunes anglais au look assez étonnant. Sans réinventer l’eau chaude, ils nous ont servi un Blues Rock, teinté de funk, avec une énergie débordante et surtout deux excellents chanteurs. John Smith et Chris Hogg se relaient au chant selon les titres, John, jouant également de l’harmonica, tandis que Chris accompagne Jake Landers à la guitare. Un album est en préparation, on devrait en reparler.

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Pour le reste, Cut The Alligator, malgré leur nombre n’arrive pas vraiment à faire monter la température de leur soul funk. Les voix de Louise ROBARD et Stellis GROSEIL ne nous arrache pas les tripes, et l’ensemble reste un poil trop lisse à mon goût.

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Quant à Thorbjorn Risager & the Black Tornado, ou j’en attendais trop, ou je n’étais pas en forme ou les deux mais je suis passé à coté je pense. La sono était bien trop forte ce soir là et a gâché une partie des concerts. Sinon, c’est rodé, ça joue, c’est en place, ça déroule le tapis tout au long du concert sans accroc. Je demande une seconde chance et espère les revoir, pour me fixer sur eux.

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Dirty Deep je les avais déjà vu plusieurs fois. Mais je pense que lorsqu’ils ont envoyé les premières notes, l’effet fût de taille pour l’ensemble du public. Jamais on n’avais entendu cela à Bain de Blues jusqu’à là, ni aussi fort . Un punk Blues, façon Left Lane Cruiser, du type rythmique qui cogne dur comme un bucheron canadien sur son érable, du très gros son, une grosse voix grave qui ne fait pas dans la dentelle. C’est la touche Patrick Lecacheur, le Rock’n’Roll à l’état brut, celui qui réveille les morts et fait hurler les loups les soirs de pleine lune. La démonstration de vouloir bousculer les traditions, de secouer les habitudes pour empêcher le ronronnement trop prévisible. Que cela ai plu ou pas, une partie du public (et pas que des jeunes) a adoré. Pari gagné pour Patrick.

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La deuxième soirée pouvait laisser encore plus perplexe. Sur le papier, on avait le choix entre des artistes quasi inconnus (Randolph Matthews, Dona Oxford) ou déjà vu (Anne Sorgues) mais surpris de la voir ici, et Aymeric Maini, connu du bouche à oreilles.

 

L’inter scène est assuré avec brio par le trio normand Loscar Combo. Groupe sans étiquette, reprenant avec plaisir des titres le plus souvent issus de la musique populaire américaine (Johnny Cash y est bien représenté), ils nous ont régalé avec ce répertoire tantôt country, tantôt rock y insérant deux titres d’Alain Bashung interprété avec élégance. Coup de coeur de ce samedi.

La grosse claque de la soirée et du week end aura été le show de Randolph Matthews. Style unique, ce dandy londonien cause beaucoup sur scène, mais dans un anglais accessible. Agrémenté de mimes, de sons et de déhanchements façon Mickael Jackson, si on se laisse séduire, on navigue alors dans un univers musical hors du commun. Difficile de mettre des mots pour rendre compte d’un moment de pur bonheur. Je suis captivé par sa voix. L’intro de sa reprise de « Hey Joe » est phénoménale, avec  les mimes de son cœur qui se met à battre lorsqu’il découvre ce morceau pour la première fois, le craquement du vinyle quand le saphir se pose dessus, avec en point d’orgue, le son de la guitare d’Alessandro Diaferio couplé avec la rage de Randolph. La magie opère, le public est comblé. 3ème passage en France, 1er hors de Paris, Randolph Matthews marque l’histoire du festival de son empreinte.

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Difficile de passer après un tel show. Cette terrible tache revenait à Aymeric Maini. Je suis du genre à avoir la digestion lente et après un tel met, le plat suivant me parait toujours de trop. La aussi, difficile d’y accrocher une étiquette, ça joue un peu tous les styles, quitte à perdre un peu l’auditeur. Mais il sait aussi instaurer quelques moments de grâce, en mode acoustique entre autre.

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Anne Sorgues et Yvan Guillevic avait fait l’ouverture de la soirée. Fort de leur nouvelle collaboration et de leur  album « Do it your way » sorti en 2017, ils tournent beaucoup en ce début d’année. Si Anne chante très juste, elle ne transmet ni émotions, ni frissons. Les quelques reprises interprétées, montre peu d’originalité dans le choix et dans le jeu. Yvan Guillevic joue proprement, mais l’ensemble me donne l’impression de l’image d’un show façon Las Vegas, celui qui se joue tous les soirs devant des hordes de touristes de passage dans cette cité illuminée en plein milieu du désert.

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Le final revenait à la claviériste Dona Oxford qui se chargeait de mettre le feu aux poudres avec son Blues Rock Boogie. C’est puissant, il n’y a pas de temps mort, le piano est martelé, parfois même avec le pied, ça swingue. Quoi de mieux pour terminer cette soirée et ce festival.

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Alors que conclure de cette édition 2018 ? Dans l’ensemble, ce fût une réussite. Il a fait beau, le public était présent et les choix de Patrick Lecacheur se sont avérés gagnants.

Maintenant, ceux qui veulent un vrai Bain de Blues, ne viennent plus à Bain de Bretagne. Le festival perd certains spectateurs des premières éditions, mais en conquière d’autres aujourd’hui.

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C’est aussi ça la vie d’un festival.

Alors si l’on est curieux, ouvert d’esprit et que l’on a envi de découvrir de nouveaux sons, ce Festival Bain de Blues est en train de devenir une référence. Il faudrait peut être changer l’appellation en Bain de Sons Afro Américains.

Quant à ceux qui voulaient du Blues, la semaine suivante avait lieu un magnifique concert de Monster Mike Welch et Mike Ledbetter au VIP à St Nazaire. Mais ça c’est une autre histoire

Ce Festival était dédié à notre ami Pedro, qui nous a bien manqué cette année. Salut l’ami

pedro

 

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LE FESTIVAL BLUES AU CHÂTEAU DÉVOILE SON PROGRAMME

13ème édition du festival BLUES AU CHÂTEAU du 16 au 19 août 2018 à La Chèze (22).

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Voici le détail de la programmation musicale (nous trouvons toutefois qu’il est regrettable de ne voir aucun groupe / artiste français sur l’affiche) :
Jeudi 16 Août de 18h00 à 23h00 – Scène de la Ferme (dons libres)
– Ladyva (Suisse)
– An Diaz (Argentine)
– Raphaël Wressnig and the Soul Gift Band (Autriche)
Vendredi 17 Août de 15h00 à 23h00 – Scène de la Ferme (dons libres)
– Dave Kelly (Angleterre)
– Sarah James (Angleterre)
– Ladyva (Suisse)
– Jose Luis Pardo solo (Argentine)
– Raphaël Wressnig and the Soul Gift Band (Autriche)
Samedi 18 Août de 15h00 à 23h00 – Scène de la Ferme (dons libres)
– An Diaz (Argentine)
– Brooks Williams (Etats-Unis)
– Dave Kelly (Angleterre)
– Jose Luis Pardo Band (Argentine)
– Josh Hoyer and Soul Colossal (Etats-Unis)
Dimanche 19 Août de 14h00 à 20h00 – Scène du Manoir (dons libres)
– Jose Luis Pardo solo (Argentine)
– Sarah James (Angleterre)
– Brooks Williams (Etats-Unis)
– Josh Hoyer and Soul Colossal (Etats-Unis)

Toutes les infos ici : www.bluesauchateau.com/

CONCERT ORGANISÉ PAR ROAZHON BLUES AVEC LAZY BUDDIES VENDREDI 18 MAI

Roazhon Blues organise son prochain concert VENDREDI 18 MAI à Pleumeleuc (35) au NPA Nulle Part Ailleurs – rue du Bas Houet / ZA du Bail. Concert des LAZY BUDDIES à partir de 21h – Tarif : participation libre.

Composé de six musiciens originaires de Rennes et Nantes, le groupe Lazy Buddies est né en 2005 autour d’une passion commune de ses membres pour les musiques noires américaines des années 1950. Un premier 10 titres, « Swing it, Swing it babe ! » sort en 2008 et permet au groupe de commencer à se faire connaître auprès du public et des acteurs du Blues en France. L’album « This Little Girl’s Gone Rockin’  » parait en 2011. Il est salué par les magazines et sites internet dédiés au Blues et au rock’n roll. Ce disque comprend pour moitié des reprises et pour moitié des compositions et accompagne la reconnaissance nationale du groupe : victoires aux tremplins de Blues sur Seine et Cahors, programmation sur les grandes scènes des festivals de Cognac Blues Passion, Blues sur Seine, Europa Jazz, premières parties de « Little » Charlie Baty, Mark Hummel, Lynwood Slim, Sugar Ray Rayford. En 2012, Lazy Buddies enregistre un album live à Rennes, « Play It Loud !« . Ce disque, qui permet de restituer l’ambiance festive des concerts, est salué par de nombreuses chroniques de presse. En 2013, le groupe rejoint le label canadien Iguane Records pour la distribution numérique internationale de ses deux albums. En 2017, Lazy Buddies est fort de ses 12 ans de scène et de la cohésion de ses membres : David Avrit à la batterie, Maxime Genouel à la contrebasse, Nicolas Fleurance et Guillaume Rousseau aux guitares, Dominique Genouel à l’harmonica et Soazig Lebreton au chant. Le groupe réalise un album de 13 titres entièrement composé par ses soins : « All in« , qui offre un condensé de styles qu’il affectionne : Blues, Swing, Rhythm and blues, 50’s Rock’n’roll, Jump, West Coast Blues, … le tout avec sa « lazy touch ».

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http://www.lazybuddies.com
https://www.facebook.com/events/156258108374246/

NUIT DU BLUES À AMBON

07/04/2018 – AMBON

Le sud du Morbihan était teinté de Bleu en ce week-end du 06-07-08 Avril. Pas par la couleur du ciel, qui nous offre une palette de gris interminable depuis plusieurs mois, à nous filer le Blues pour de bon.

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Mais  c’était bien le Blues qui était à l’honneur ce week-end là, sur deux sites différents. Le Festival Blues en Rade du coté de Locmiquélic et la Nuit du Blues à Ambon. Hasard du calendrier ou manque de coordination entre ces deux évènements, il a fallu faire un choix. Je n’ai pas encore mon hologramme pour être présent partout à la fois.

Contrainte personnelle et choix musicaux, me feront opter pour la Nuit du Blues avec un finish le dimanche à Riantec pour le dernier concert de Blues en Rade

Pour cette 14ème édition, la Nuit du Blues proposait une nouvelle fois une affiche inédite et internationale. On reconnait bien là, la patte du programmateur Philippe Le Guennec, découvreur de talents cachés. Plusieurs noms que vous voyez sur les programmations nationales, ont commencé ici. Le bouche à oreille du petit monde du Blues faisant ensuite son travail.

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Tout comme le Festival Blues en Rade (on y reviendra plus bas), la Nuit du Blues à dû s’adapter aux aléas de dernière minute. Tout d’abord sur la programmation en elle-même. Plusieurs pistes pour un 4ème groupe, mais rien de définitif. Il était pourtant temps de sortir les affiches et commencer la campagne de promotions. Alors rien n’étant conclu, c’est une affiche avec « + 1 » invité qui sera diffusée.

Mais entre programmateurs  de festival, il y a toujours un nom à proposer. Et finalement cet invité, ce sera Sarah James, une anglaise vivant à Paris, accompagné par le guitariste Jez Tepper. Dernier groupe à être programmé pour cette édition, mais premier à monter sur scène, devant un public venu nombreux.

Sarah a formé dans les années 90 le duo Two Timers avec le guitariste Gordon Russell qui a joué avec Dr Feelgood à la fin des années 1980. Chanteuse, harmoniciste sur quelques titres, c’est quand elle cogne sur une caisse claire portable, que les morceaux prennent une autre dimension, plus pêchus. Au carrefour de la folk et de la soul, le tout teinté de Blues, sa voix chaude et puissante fait mouche. Le guitariste Jez Tepper, position assise, soutient parfaitement avec un jeu précis les titres de Sarah. Première belle découverte de la soirée, on peut encore la remercier d’avoir accepté de venir un peu au dernier moment.

L’inter-scène a été abandonné, ce qui n’est pas forcément une mauvaise idée. Si la salle de l’espace Le Len est grande, le hall d’accueil divisé en deux parties, ne permet pas une circulation facile de plusieurs centaines de personnes.

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Le rush au bar entre deux plateaux est toujours un peu difficile à gérer, aussi bien du côté des bénévoles, débordés par une demande express, que du côté du public souhaitant atteindre au plus vite le comptoir. L’inter-scène se situait justement devant le bar, et rendait l’accès encore plus difficile.

Si côté trésorerie, n’avoir qu’une seule caisse est un plus, le paiement par ticket n’est pas toujours pratique. La diversité de ticket, selon si l’on veut consommer ou manger (pas le même ticket entre une galette saucisse  et une chipo frites), oblige un peu à commander un menu dès le début.

Bon tout cela est géré par une équipe de bénévoles mettant tout leur cœur à nous rendre la soirée le plus agréable possible et rendons leur hommage, car ils y arrivent très bien et toujours avec le sourire.

C’est l’Argentin José Luis Pardo accompagné par la section rythmique Dominique Braud (basse) et Oliv’ (batterie) qui monte sur scène pour nous distiller son Blues.

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José Luis est un bon chanteur et excellent guitariste (il est professeur de guitare et directeur de la Blues School de Madrid). Voyageur au long cours, il a accompagné des musiciens tels que Michael Burks, Willie Buck et Jimmy Burns dans des tournées mondiales. 10 ans de blues rock, rhythm & blues lui ont permis de se forger une réputation internationale et de maitriser la scène. Il nous en fera l’exemplaire démonstration, faisant participer le public (très en forme ce soir-là) à maintes reprises et souvent avec humour. Parfois l‘improvisation est de mise, la répétition avec Dominique et Oliv n’ayant eu lieu que lors des balances. José Luis vit actuellement à Madrid et a son propre band là-bas, il serait intéressant de les voir au complet. Philippe Le Guennec,  également programmateur du Festival de la Chèze qui a lieu au mois d’Août, nous a annoncé que José Luis Pardo y sera de nouveau présent. Ne le manquez pas.

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La soirée se poursuit avec Ronny Aagren Band, des Norvégiens dont c’était la première venue en France (il me semble). En pleine promotion de leur nouvel album « Close to you« , j’attendais avec impatience leur performance. Nouvel arrivant sur la scène Blues, dès les premiers titres, on sent une autre influence assez forte, celle de la country. On est plus dans un style Americana teinté de Blues que l’inverse. Étonnamment, cet effet n’est pas aussi prononcé sur l’album. Du coup leur jeu est plutôt cool, là où je m’attendais à un set plus enlevé. Peut-être est-ce aussi dû à cette envie de bien faire, et de ne pas se libérer complètement.

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DSC_0628Ronny est accompagné par Alexander André Johnsen au piano et orgue , Roar Paulsberg (basse) et Ole-Christian Rydland aux drums. Comme je le disais plus haut, Philippe déniche des artistes que l’on retrouve sur d’autres scènes plus tard, sûr que le Ronny Aagren fait partie de ces groupes. À revoir.

La Nuit du Blues se terminait avec la performance de l’Italienne Linda Valori. Annoncé accompagné par l’excellent guitariste Italien Maurizio Pugno, celui-ci a annulé sa participation durant la semaine précédant l’évènement, dû à un problème de santé. On lui souhaite prompt rétablissement. Trouver un guitariste remplaçant à deux jours d’un concert n’est surement pas la chose la plus simple à gérer, mais cela s’est fait avec un autre excellent guitariste (dont je n’ai pas retenu le nom, désolé).

Linda Valori est, quant à elle, rentrée dans le milieu du Blues grâce à son album « Days like this » sortit en 2013 avec Larry Skoller à la direction artistique. Mais on la présente plus comme celle qui a chanté devant les papes Jean Paul II et Benoit XVI ou alors ses prestations à divers reallity show ou concours de chant (style « The Voice ») de la télé Italienne.

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Elle possède une très belle voix, qui peut monter très haut dans les aigus. Elle nous fera d’ailleurs une démonstration style cantatrice en intro d’un titre. Ses capacités vocales lui permettent de toucher un peu à tous les styles, blues , soul voir pop classique. Sa version finale de « Halleluja » de Jeff Buckley en est une démonstration. Je regretterai quand même le manque d’émotions qu’une telle voix devrait être capable de diffuser. Le public, qui est resté jusqu’au bout lui fera une belle ovation.

Quant au remplaçant de Maurizio, il s’en est très bien sortit, plaçant quelques très bons solos et quelques rythmes plus enlevés soulignant d’une belle note bluesy le tour de chant de Linda

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L’année prochaine ce sera la 15ème édition. Même si rien n’est encore dévoilé et si l’idée de cette Nuit du Blues n’est pas de programmer une énorme tête d’affiche, on peut penser qu’ils souhaiteront souligner à leur manière cet évènement.

Après cette Nuit du Blues, j’ai pris la direction de Lorient. Le dimanche, en fin d’après-midi, avait lieu le dernier concert du Festival Blues en Rade. Celui-ci avait commencé le vendredi soir, par un concert des Lazy Buddies, qui ont été excellents comme d’habitude, voire même meilleurs que d’habitude selon certains. Plus d’assurance, plus de guitares, d’harmo, plus belle voix, bref, ce ne sont pas les éloges qui manquent et c’est en phase avec leur dernier album « All In » salué par la critique spécialisée.

Le lendemain, ça a dû être chaud pour Guy Le Texier le programmateur, qui a dû faire face à de divers désistements. Ça avait commencé par le concert du samedi après-midi. Sur l’affiche Alex De Vree et Erwan Le Fichant remplaçaient Arnaud Fradin et Thomas Troussier initialement prévus. Mais second contretemps dans la semaine, Alex et Erwan ne pouvaient venir. Au final, c’est Paul Cowley qui assurera ce set à la médiathèque de Locmiquélic. Alors que Max and the Freaky Buds jouaient le vendredi soir au café « La Peau de l’Ours » à Port-Louis et sous chapiteau le samedi soir, c’est un autre contretemps qui se présentait. Tête d’affiche du samedi, Stagger Lee, devait se passer de son leader Arnaud Fradin. Oups, gros coup de chaud. La solidarité du monde du Blues est entrée en ordre, et c’est Mister Tchang qui l’a remplacé au pied levé. Du coup, le public a eu le droit à une version inédite de Stagger Lee avec Tchang au chant et aussi Hugo Deviers à la batterie, en remplacement de Fabrice Bessouat. Et il parait que ça été un véritable feu d’artifice. Le public debout sur les 20 dernières minutes du concert. Il y avait ceux qui y étaient, et les autres. Faisant partie des autres je ne fais que répéter ce que j’ai entendu, mais connaissant Mister Tchang, je veux bien les croire.

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Du coup tout le monde ne parlait que de ça, et la prestation de Keith Johnson m’a très peu été détaillée.

La salle de Riantec n’autorise plus les concerts électriques. L’année dernière, Sandra Hall étant déjà programmée, il avait fallu négocier cette annonce tardive, mais pour 2018, cette contrainte devait être prise en compte dans la programmation.

D’où ce choix judicieux de faire jouer le duo Martin Harley & Alessandra Cecala. J’avais déjà vu cette Italienne au festival Vache de Blues avec The Reverend & the Lady. Ici, elle accompagne Martin Harley, un anglais. Celui-ci a sortit deux albums avec Daniel Kimbro (« Live at Southern Ground » en 2015 et « Static In The Wires » en 2017). Depuis peu semble t-il, c’est Alessandra qui a pris la place à la contrebasse.

DSC_0763Le style de Martin, on pourrait facilement le rapprocher de celui d’un Ben Harper, déjà par le fait qu’il joue sur une guitare Weissenborn (issue des guitares Hawaiennes). Ses ambiances sont toutes en fluidité, Martin Harley a une très belle voix, souple et chaude, qui sait se faire rugueuse quand il le faut. Mais c’est surtout son jeu de guitare qui est impressionnant. Rapide ou lent, parfois complexe, il est d’une dextérité incroyable. Couplé à la contrebasse d’Alessandra, ce duo fait preuve d’une belle maitrise d’un style de folk Blues épuré. Sur des titres comme « Winter coat » ou « Cardboard King« , je retrouve l’émotion et la grâce que je n’avais pas eu à la Nuit du Blues à Ambon, avec Linda Valori. Entre les titres originaux, Martin glisse un titre de Tom Waits et Muddy Waters (très belle version de « I Can’t Be Satisfied« ). Pour ma part, je pense qu’il devrait laisser un peu plus de place au chant d’ Alessandra, qui apporte dès qu’elle le peut une nouvelle couleur chaude à l’interprétation des titres. Bref je ne regrettais pas mon déplacement et le public a réclamé trois rappels, plus une séance de dédicace d’album, avant de les laisser enfin respirer un peu.

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Guy Le Texier pouvait aussi souffler. Malgré les quelques déboires de désistement, cette édition 2018 de Blues en Rade a tenu et ses promesses. L’année prochaine ce sera les 10 ans de ce sympathique festival.

Alors messieurs les organisateurs et programmateurs de Blues en Rade et de la Nuit du Blues à Ambon, entre les 10 ans de l’un et la quinzième édition de l’autre, s’il vous plait, accordez vos violons. Faites en sorte de ne pas placer ces deux évènements le même week-end.  Ne nous privez pas d’une de vos si belles soirées .